Un cycliste français arrive ici avec une grille de lecture précise : un itinéraire balisé de bout en bout, des voies vertes à l’écart des voitures, des hébergements labellisés, un topo-guide et des relais tous les vingt kilomètres. Rien de tout cela n’existe autour d’Otrante. Ce n’est pas un défaut à masquer, c’est le paramètre principal de votre semaine, et mieux vaut le connaître avant de choisir le vélo.
Le relief : court, mais permanent
La côte au sud d’Otrante ne présente aucun col et aucune ascension digne de ce nom. Elle présente autre chose : un enchaînement de bosses courtes qui ne laisse jamais deux kilomètres à plat. Sur le papier le dénivelé n’impressionne personne ; dans les jambes, à la quatrième heure, il se fait sentir autrement qu’une longue montée régulière où l’on trouve son rythme. C’est la raison pour laquelle nous conseillons souvent l’assistance électrique à des gens qui n’en auraient jamais eu l’usage chez eux.
Le vent, qui n’est pas un mistral
Le mistral descend une vallée et dure des jours. Ici le vent dominant de l’été est un vent de sud-ouest qui se lève en début d’après-midi et tombe le soir : il n’est pas violent, il est régulier et il arrive à l’heure. Concrètement, si vous partez vers le sud le matin, vous le prenez de face au retour, sur la portion la plus vallonnée et la moins ombragée de la journée. Le calcul se fait au départ, pas à mi-parcours.
Août : la chaleur est une contrainte, pas une ambiance
En juillet et en août, la règle locale n’est pas une préférence esthétique : on sort tôt, on rentre pour le déjeuner, on ne roule pas entre treize et dix-sept heures. Les routes de la côte n’ont pas d’arbre, les routes blanches encore moins. Deux bidons ne suffisent pas toujours pour un aller-retour de trente kilomètres, et les points d’eau ne sont pas signalés comme sur un itinéraire aménagé : à Baia dei Turchi comme sur la route de Santa Cesarea, on emporte ce qu’on boira.
La circulation, et la vieille ville
Hors saison, ces routes sont calmes. En août, la route qui longe les Alimini supporte le trafic de plage aux heures de pointe, ce qui est encore une raison de partir tôt. Le bourg fortifié est en zone à circulation limitée et se traverse à pied ou à vélo, jamais en voiture ; se garer près des remparts au mois d’août relève de la chance. C’est aussi pour cela que nous apportons les vélos : la voiture reste où elle est.